The Weight of the World (2013)

– Sanguine Hum

Tout d’abord un petit rappel en vous resituant le précédent opus “Diving bell” de ce groupe d’Oxford qui marqua les esprits et qui marqua surtout votre serviteur. En effet, le groupe de Joff Winks nous avait proposé un savant mélange de pop-rock et d’atmosphérique fort proche du travail d’un Pineapple Thief. Un album frais, aérien et rafraîchissant à la fois. Nouvel effort discographique donc avec la possibilité d’opter pour une édition limitée comportant un DVD supplémentaire et pour ce qui est de l’évolution de la musique, leur maison d’édition mais aussi divers chroniqueurs français et anglais parlent d’un travail encore plus fouillé et plus riche. Pour l’heure et en ce qui me concerne, je prends le parti d’être le plus objectif possible car le précédent album m’avait personnellement secoué. Je m’engage donc à vous proposer une analyse des plus précises.

L’équipe qui est en place pour cet opus comporte toujours Joff Wings pour le chant et la guitare. Matt Baber se charge des claviers et des percussions, Brad Waissman de la basse et Andrew Booker de la batterie.

C’est la voix si particulière de Joff Wings et sa guitare qui nous embarquent vers un horizon à nouveau proche de Pineapple Thief. L’univers de Porcupine Tree et de Radiohead n’est pas loin avec ce pop-rock énergique où viennent s’immiscer des nappes atmosphériques. De plus, le xylophone et les autres instruments apportent beaucoup de corps à la première composition “From the ground up”. Même topo pour le morceau suivant où l’on ressent bien un parallèle avec les premières compositions de l’album précédent. “System for solution” ne déroge pas à la règle avec toujours cette belle voix qui porte l’orchestration. Parlons-en de l’orchestration avec ce morceau plus long et où le travail d’instrumentation est effectivement fort fouillé. “In code” démarre dans l’atmosphérique un peu comme les premiers Porcupine Tree où tous les instruments s’additionnent sans jamais se chevaucher pour un résultat fort attrayant mais aussi plus expérimental. Ce morceau expérimental ouvre une nouvelle porte pour le groupe qui nous rappelle via le xylophone, le grand Mike Oldfield. “Cognoscenti” revient vers le son pop-rock propre au groupe et qui offre à nos amis la perspective, de toucher un plus large public.

“Day of release” introduit ici d’étranges sons de synthés et de percussions électroniques avec par la suite, l’arrivée de l’orgue. Le morceau s’éveille crescendo via la guitare et la section rythmique mais n’oublions pas la voix qui reste un élément phare de la musique développée. Le final, plus soft, nous ramène à l’univers jazz avec un beau travail des claviers et des percussions. Piano et chant pour commencer “Phosphor”, la voix et le piano montant par la suite en puissance avec, en sus, la guitare, la basse et le xylophone qui apportent d’autres dimensions dans la finalité du morceau. Place à l’épique de l’album, qui sert en fait de plage titulaire, avec ses quatorze minutes bien comptées qui finalise le travail par une pièce articulée en trois actes. Une composition en forme de vitrine du savoir-faire de nos amis avec plusieurs facettes qui s’imbriquent l’une dans l’autre. En effet, pop-rock et progressif croisent ici jazz et démonstratif pour une plage où se mêlent émotion et énergie. Une dernière composition plus complexe, mais surtout sublime. Si Sanguine Hum voulait nous montrer ce qu’il sait faire, c’est chose faite !

J’ai bien dit que je serais le plus objectif possible, alors allons-y pour l’analyse de ce nouvel album d’un groupe qui fera assurément son petit bonhomme de chemin. De par sa plus grande complexité, cet album demande plus de temps pour s’imprégner de sa substance, celle-ci étant d’une grande pureté. Tout cela s’explique car, d’un côté, on a trois compositions plus directes proches du travail développé sur le début du “Diving bell” et, d’un autre côté, des compositions plus fouillées qui s’apparentent au travail d’un Pineapple Thief ou d’un Porcupine Tree. Sanguine Hum développe en fait sa musique, une musique riche, plus complexe mais toujours aussi excitante à écouter. Je reste bien sûr fan et je ne peux que vous conseiller de le devenir. Certainement un must de 2013 !

Thirionet